On sait parler de ce qu'il y a de triste dans l'amour, de ce qu'il y a de beau. Mais on ne sait toujours pas parler de l'amour en général, de ce concept si étrange qui nous octroie le droit de possession sur un autre être humain, ou le droit inopiné de le faire souffrir sans effort.L'amour.... drôle d'illusion perverse éloignant l'homme des méfaits de la véritié. Pourtant si splendide, vous emportant tel un songe mais vous bafouant au reveil. L'illusion est parfaite, si inconsciente, si... innocente ? et pourtant ! Brouillé, enbuée par notre amour propre, l'amour de l'autre nous colle à la peau comme notre ombre à nos pieds. Aussi sombre soit-elle, elle nous apparaît pleine de surprise : elle nous ressemble, mais n'est jamais nous-même. Présente toutes les qualités qu'on veut bien lui donner auxquelles on veut bien croire, evinçant les défauts cachés, masqués, enbués, brouillés.Cet amour... l'ombre de nous même. Quittant nos sens, on s'évade tel un oiseau des îles vers le soleil couchant, entre ciel et terre, entre la poussée d'archimède de nos espérances et la mécanique de nos aspirations, comme un souffle, une torture, un implacable silence terrible, et un envol encore plus sublime. La vie semble faite de détours, des chemins inconnus empreintés au mépris de ses propres instincts, averti par sa propre dépendance à l'oubli de soi pour se donner complètement à l'autre. Comme si tu avais toujours manqué à ma vie et comme si ma vie sans toi n'aurai plus d'importance. Et pourtant ! Et pourtant...Cet amour platonique, qui pique, qui nique, qui pique-nique du clic au tic, ta mimique magnifique, atypique, amenique, angelique, magique ! d'un silence religieux je savoure ta présence comme un seul être, entier comme je ne l'ai jamais été. Illusoire satisfaction d'être enfin soi-même face à son reflet. Comme d'une seule danse, d'un seul bond, d'un seul pas : entiers, à deux nous étions, entiers à deux nous seront, mais aujourd'hui... tu me quittes.Cet amour cette torture, pourtant si magnifique, Cet oubli, cet originalité. Je suis pour toi. Je suis à toi. Je ne suis plus. Je fus. La vie s'arrête comme elle avait commencé... Et je t'oublie.Je comprends enfin d'un ton pessimiste l'amertume de l'âme humaine, si fourbe, si complexe, et si déplaisante. Je t'oublie. je persévère. Je me morfond. Puis enfin, je rebondis. Une fenêtre s'ouvre à mes yeux, l'âme d'un autre être m'apparait... derrière le cadre minuscule que mes désirs rétrécissent... Comme si je ne voyais en toi que ce qu'il n'y a à voir. L'amour ? mais pourquoi faire ? et le reste ? le toujours ?L'amour ? je te parle d'amour, tu me parle de peine.Je te parle d'amour comme tu me parle de la haine.Je t'aime comme un fou, tu me prends pour un génieEt je vois sans peine, la haine de ta folie.Ne m'étire point, je n'ai plus mal, je reste calme. Ton désir, n'est qu'illusion, et plus tu te morfond plus j'aime ton géni. Ton génie de la perversion, de l'abnégation, de l'or, du silence, mais surtout, ta solitude me plait. Je te désire.Toi ma solitude, si belle, si charmante, si aimante, toujours présente. Ma pure folie, ma pure envie. Je t'aime comme personne ne pourra jamais aimer l'expression sordide de mon amère vérité. Et comme je ne pourrai jamais aimer que l'illusion des désirs sensuels de l'autre, l'autre pervers. Cet autre vil, cervil, et serpentile. Un songe s'envole, le rideau tombe, me voilà dans le noir, face au jour, face à moi-même. Enfin conscient de mes exactions, enfin puéril et solide. Pourquoi faire ? pourquoi aimer ? Si ce n'est pas pour me détruire, que puis-je faire de mon "amour" ?A les entendre rire, ils doivent encore éssuyer les larmes d'une de leur plaisanteries fumeuses sur l'alcool, et moi je reste là, à admirer leur joie sans pouvoir en comprendre les accents. A croire que finalement on y perd peut-être en effet son âme, à trop aimer...Et le jour où un être me rendra enfin mon coeur perdu, peut-être retrouverai-je, me sauverais-je des griffes de la vile servitude humaine.L'amour, pour ne jamais t'avoir vécu, je te déteste.